mardi 6 juillet 2010

La musique...

... m'accompagne, à chacun des pas qui me mène à la réalité. Mes pas s'alourdissent sur le bitume noir dont la température ne cesse de monter, mon esprit est encore embrumé par le sommeil. Lorsque je regarde autour de moi, les carcasses de métal sur roues motrices hurlent, rugissent et exhalent leurs relents d'hydrocarbures sans jamais s'arrêter, retenant leurs conducteurs prisonniers.

Mais, lorsque je marche, je cherche, dans les feuillages dansant des arbres, dans le ciel parfois limpide, parfois floconneux, dans les gouttes de pluie et leurs éclaboussures, une étincelle, l'étincelle qui me fera frémir, l'étincelle qui me transportera.

Je me demande souvent, sur le trajet qui me mène à la réalité, pendant près d'une demie heure qui semble de plus en plus court chaque jour, si je ne m'égare pas. Mais jusqu'où suis-je capable de m'enfoncer ?
Le crainte, certainement, de n'être plus capable de refaire surface.

Alors la musique m'accompagne. Ma playlist est loin d'être ordinaire, elle est personnelle.
Et il est un thème qui m'accompagnera toujours...

http://www.simple-lelivre.com/partage/to-zanarkand.mp3

dimanche 20 juin 2010

Je cherche encore...

... LE titre.

Un photographe m'a un jour présenté son travail en me disant qu'il ne donnait que rarement un titre à ses photos.

Un titre ne pourrait être qu'un mot, voire une courte phrase. Mais, même un simple mot peut se révéler évocateur de souvenirs, rappelant joie ou tristesse, amertume ou même colère. Un titre oriente l'esprit dans une direction qui n'est pas forcément celle que l'on souhaiterait le voir emprunter. Pour un tableau ou une photo, ce raisonnement se tient.

Mais qu'en est-il pour un livre ?

Lorsque l'on tourne la dernière page d'un livre, le titre qui lui a été donné prend un sens dans la tête du lecteur.

SIMPLE n'est peut-être pas le titre. SIMPLE est trop simple. SIMPLE semble être le résultat d'un manque d'imagination. SIMPLE n'oriente pas, n'évoque pas, ne relate pas. SIMPLE laisse l'esprit sur place.

Les pages continuent de se noircir et lorsque je rêve...

... je cherche encore LE titre.

vendredi 4 juin 2010

Jamais je n'aurai imaginé...

... qu'il soit si difficile d'écrire !

Alors que je lui livrais mon premier chapitre, sans même réfléchir, parce que je voulais à tout prix l'emmener avec moi dans un monde qu'elle ne connaissait pas, elle m'a demandé de l'écrire.

L'écrire... L'écrire ! L'écrire ?

C'est ainsi que, quelques jours plus tard, après une grande réflexion sur sa remarque, je me suis décidé à rédiger l'ensemble de mes songes.

Des personnages existaient déjà dans mon esprit. D'autres se sont ajoutés par la suite. Ces personnages ne doivent pas servir que dans une page parce qu'ils m'auraient facilité l'écriture. Ils doivent vivre et évoluer au fil des pages comme l'on naît, vit, souffre et meurt. Il font donc leur inventer une histoire qui leur est propre. Ces personnages doivent avoir une raison de se trouver à un instant à un endroit. Ils doivent alors avoir un passé, un but, un souhait, mais aussi un futur, qu'il soit funeste ou non. Lorsque l'un d'eux dit quelque chose, il ne peut pas dire le contraire plusieurs pages plus loin. Lorsque l'un d'eux a peur, il ne peut pas braver l'impossible trois lignes plus loin. Ils doivent avoir des convictions, des idéaux, une personnalité, des peurs, des forces, des humeurs, des fantômes...

Parce que le périple de ces différents personnages peut être long, je suis obligé de tracer une carte du monde dans lequel je les fais évoluer. À quoi peut bien servir la carte ? Cette carte à même une ligne courbe indiquant la course du soleil. À savoir si le ciel peut être rose, bleu ou orange. Parce qu'à l'aube le ciel est rose. Parce qu'au couché du soleil, il est orangé. Parce que l'orientation d'une bâtisse rend possible la pénétration de la lumière du soleil ou de la lune par une fenêtre. Parce qu'il n'est pas possible de retraverser des océans en une ligne qui nous permettrait de boucler l'histoire plus facilement.

Parce que toute course contre le temps a un départ et une arrivée, cette carte m'aide à savoir où j'en suis.

Jamais je n'aurai imaginé qu'il soit si difficile d'écrire.

Mais le livre avance...

vendredi 28 mai 2010

Il ne s'agit alors...

... que de jouer avec les mots.

Chaque page relue donne presque immédiatement naissance à une sœur. Il m'arrive de revoir des passages entiers, changeant simplement un mot et donnant ainsi un nouveau sens au paragraphe qui l'abrite. Une couleur se nuancera, une forme variera, un souhait deviendra un ordre...

Une intention, un dialogue, un seul mot, juste quelques lettres peuvent trahir un secret, la clé d'une intrigue, la clé de l'intrigue, la réponse à toutes les questions qui se soulèvent au fil des pages.

Je souhaite vous transporter dans un monde qui m'est cher. Mais, vouloir y exorciser mes propres démons au travers des pages qui en érigent les frontières m'oblige à m'assurer que je n'en oublie aucun.

Il ne s'agit alors que de jouer avec les mots afin de les confondre, sans qu'ils ne vous effraient...

mardi 18 mai 2010

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Il est une porte qui pourrait devenir LA porte...

vendredi 14 mai 2010

Pourquoi est-ce toujours la nuit...

... que j'ai le plus de facilité à écrire ?

Que se passe-t-il, lorsqu'il fait jour, pour que je ne puisse véritablement exprimer ce à quoi je rêve ?

Il m'arrive de vivre certains passages en rêve, lorsque je dors. Est-ce que je les vis vraiment, ou bien suis-je en train de rêver que je les écris ? Je pense que je connais si bien ces différentes péripéties que je dois avoir l'impression de les vivre.

Le réveil sonnera... comme toujours. Il se rappelle bien souvent à moi, et toujours beaucoup trop tôt.

Lorsque je dois me rendre sur mon lieu de travail à pied, je sais que j'aurai vingt-cinq minutes pour repenser à ce que j'ai écris la veille au soir. Vingt-cinq minutes pendant lesquels mon esprit vagabonde entre récit et imagination. Le petit carnet magique sort parfois de ma sacoche, comme un génie de sa lampe, et m'invite à y déposer quelques idées, parfois stupides et totalement improbables, souvent révélatrices de secrets et de dénouements, bien souvent moins titanesques que sensées, mais apportant toujours un nouvel élément perturbateur ou une réponse à une question soulevée quelques pages plus tôt...

Et la journée passera entre les coups de téléphone, les plaintes diverses et variées, les lignes de code et l'étrange découverte de nouveaux éléments perturbateurs dans mon travail. Je ne parviendrai pas à penser plus loin que quelques mots, parfois une phrase.

Le retour à la maison, lorsqu'il se fera de nouveau à pied, me permettra de me replonger dans ce que j'avais délaissé au son strident de la badgeuse qui indiqua ma présence au travail neuf ou dix heures plus tôt.

La relève du vrai courrier, celui qui apporte toujours de mauvaises nouvelles, viendra faire avorter les quelques idées qui auraient pu germer.

Puis, arrive l'heure de se coucher... Pourtant, quelque chose m'appelle...

Le silence ?

Celui dans lequel perceront les touches du claviers, vibrant au son des ventilateurs presque muets du Mac ? Ce silence qui me poussera à me battre contre le sommeil tout en portant l'estocade à la page blanche, la noircissant des restes de mon imagination bridée par la réalité qui se rappelle à moi à chaque instant que frappe la lumière du soleil.

Pourquoi est-ce toujours la nuit que j'ai le plus de facilité à écrire ?

Parce que je suis seul, tout simplement.

Bientôt je me coucherai, et dans peu de temps, le réveil sonnera... comme toujours.

jeudi 8 avril 2010

À chaque fois...

... c'est la même palpitation du cœur lors de l'ouverture de la boîte, la même odeur, mélange brutal du plastique du boîtier et de l'encre qui recouvre le fascicule, ce petit guide qui l'on se surprend à interrompre la lecture dès la deuxième page, tant l'excitation est grande, ce CD (Blu-Ray maintenant) que l'on manipule avec une précaution infinie, défiant le monde entier de s'en approcher et de le salir.

Une gymnastique rodée de télécommande et tout est prêt.

Une introduction magique, un détail éblouissant, une bande son envoûtante, le tout en 1080p sur grand écran.

Start - Splash Screen - Menu

Toujours ces mêmes bruitages caractéristiques d'un Final Fantasy.

Le jeu se lance, le temps s'arrête, le chat se fait gentiment dégager de devant l'écran, prétexte pour se lever et pousser un petit peu l'ampli...

Un véritable film passe devant vos yeux, un film dans lequel vous devenez l'acteur.

À chaque fois, c'est la même chose. On attend ce renouveau qui ne vient pas. Après 60 heures de jeu et quelques nuits courtes, malgré un scénario riche et très bien orchestré, une image à la fois merveilleusement fine et extrêmement puissante, je ne retrouve pas ce sentiment d'évasion qui m'a autrefois transporté au-delà de la réalité.